Par les yeux de…Gregory Olszewski (Managing Director Matexpo)

Ce qui a commencé comme un salon annuel local de Harelbeke est devenu un salon qui a lieu tous les deux ans à Courtrai. Matexpo est devenu un des salons les plus importants en termes de machines de construction, avec une renommée qui s’étend jusqu’à l’étranger. Après ses premières expériences avec un terrain de démonstration et des démonstrations live, l’organisation fait le pas vers un deuxième salon se concentrant sur la présentation de machines en action et l’essai de ces machines. Terra a parlé avec le directeur du salon Gregory Olszewski à propos du passé, du chemin choisi et de l’avenir de Matexpo et des Demo Days.

Gregory travaille pour l’entreprise qui organise les salons Matexpo et Demo Days depuis 2014. Il a de l’expérience dans l’organisation de salons, mais le secteur des machines de construction était nouveau pour lui. Ce fut donc un trajet d’apprentissage passionnant, non seulement en termes de machines et de personnes, mais également en ce qui concerne l’histoire du salon.

Terra : Gregory, Matexpo a été fondé non loin de son emplacement actuel. Peux-tu nous en dire plus ?
Gregory Olszweski :
« Peu de temps après la Seconde Guerre Mondiale, on organisait la « Harelbeekse Bouwbeurs » (salon de construction) à Harelbeke. La région de Courtrai avait souffert pendant la guerre et quelques entrepreneurs locaux voulaient mettre le secteur sous les projecteurs et ainsi accélérer et soutenir la reconstruction. Après 1947, le « Harelbeekse Bouwbeurs » est devenu un événement biennal. Le salon est devenu de plus en plus professionnel, et d’ici la fin des années 60, on a décidé de déménager vers le nouveau hall d’exposition de Courtrai. Bien évidemment, les politiciens de Harelbeke voulaient garder le salon sur leur territoire. On a donc connu 1 année où i ly a eu un salon tant à Courtrai qu’à Harelbeke. Lors du déménagement vers Courtrai, on a fait le choix de faire du salon un vrai salon professionnel et de se diriger vers un public de spécialistes du secteur plutôt que d’attirer le grand public. Ainsi, un contact direct entre fabricant/importateur et les utilisateurs de produits et de machines devenait possible. Après cela, l’évolution a été rapide et le salon est devenu un vrai salon professionnel.
Au début des années 80, on a changé le nom vers « Matexpo ». C’est d’ailleurs pendant cette période-là que le salon s’est spécialisé dans le matériel uniquement. Au cours des années, le salon a évolué avec les halls de Kortrijk Xpo. »

Terra : « Une croissance pareille a-t-elle des conséquences en termes d’organisation et d’indépendance ?
GO : « Le salon a grandi avec le soutien des fédérations spécialisées du secteur
de la construction. Il y a toujours eu des relations étroites entre l’organisation et les fédérations, mais Matexpo a pu grandir de façon indépendante. Matexpo est une SA avec des cadres venant du secteur de la construction mais aussi des représentants d’importateurs de machines de construction. »

Terra : Et maintenant vous venez de franchir une nouvelle étape. Pourquoi les Demo Days ?
GO : « En fait, ça a été lancé par mon prédécesseur. On a utilisé un terrain de démonstration pour la première fois pour Matexpo 2013. Dans « l’Oeuf », un terrain vague à l’échangeur à côté de Kortijk Xpo, il y avait la possibilité de présenter des machines. Afin de rendre le terrain joignable, il a fallu construire un pont temporaire au-dessus de l’autoroute. Nous avons également du déblayer le terrain nous-mêmes. En 2015, nous avons étendu les possibilités de démonstration. Très vite, nous avons cependant reçu des réactions d’exposants disant qu’ils n’avaient pas la possibilité de participer aux démonstrations parce qu’il était difficile de séparer machines et personnel. Les frais supplémentaires formaient également une difficulté. Nous avons alors fait un travail de réflexion au sein de l’organisation et, suite à une enquête approfondie chez exposants et importateurs suivi d’une quinzaine de discussions, nous avons cherché ce qui était important aux yeux des entreprises.
Toutes ces informations nous ont permis de créer un nouveau concept. Désormais, on organise un salon de démonstration pendant les années paires, quand il n’y a pas de Matexpo.  Ce qui est important dans le nouveau concept est qu’il est low-cost : tous les exposants disposent du même équipement en termes de tentes etc. De plus, une partie de terrain est réservé à chaque exposant et on se concentre sur montrer et essayer les machines en action.

L’idée est que lors des années paires des Demo Days, beaucoup d’importateurs règlent eux-mêmes quelque chose. Cela demande énormément de temps et d’argent et ne leur permet que d’atteindre les clients déjà existants. Il est difficile d’atteindre des nouveaux clients avec une journée portes ouvertes ou une journée de démonstration. Grâce à l’organisation collective, on atteint beaucoup plus de personnes qui ont tous une chance de voir les marques en action. »

Terra : Travaille-t-on avec des thématiques pour les Demo Days ?
GO : « Pas vraiment avec des thématiques, bien qu’on a fait le choix d’accentuer des groupes de machines. Pour la première édition, nous avions choisi les grues. Les importateurs participants peuvent montrer d’autres machines, mais il faut montrer un minimum de grues. Puisque le terrain s’y prête, nous avons décidé de montrer également des camions. »

Terra : D’où vient le choix du terrain ?
GO : « Nous avons choisi le terrain, la carrière à sable Sodewa de Braine-l’Alleud, pour un nombre de raisons. En choisissant un terrain en Wallonie, nous avons voulu rendre le salon plus accessible pour nos visiteurs francophones. Nous remarquons qu’il y a un énorme potentiel en Wallonie et espérons que les visiteurs wallons trouveront le chemin vers Courtrai et Matexpo via les Demo Days. De plus, il est beaucoup plus difficile de trouver un terrain comparable en Flandre. Le terrain doit avoir une superficie suffisante, du parking autout et doit être facilement joignable.

Nous serons malheureusement obligés de trouver un autre terrain pour une prochaine édition puisque cette carrière ne sera plus accessible d’ici 2020. »

Terra : Nous voici à l’aube de la première édition des Demo Days. Est-il encore trop tôt pour parler de l’avenir ?
GO
: « Certainement pas pour nous car nous voulons aller plus loin avec ce concept. Il y aura évidemment un débriefing après le salon pour voir comment nous pouvons nous améliorer. Comme je l’ai déjà mentionné, nous devrons partir à la recherche d’un autre terrain et beaucoup dépendra de ce que l’on trouve. Les plans sont là, la concrétisation sera pour plus tard… »