Entreprise de terrassement en images: Johan Millon BVBA (Veltem-Beisem)

Johan Millon, de l’entreprise de terrassement du même nom, a grandi à la ferme. En 1986, après l’école et son service militaire, Johan rejoignait son papa Petrus et son frère Wim à l’entreprise. Très vite, les frères ont évolué vers une entreprise de travaux agricoles. Les activités se sont étendus petit à petit jusqu’à ce qu’une division entre les travaux agricoles et de terrassement s’est imposé. Terra a parlé avec Johan Millon.

Avant que les frères ne se lançaient dans l’entreprise de travaux agricoles, ils s’occupaient de la construction de petites remorques pour utilisation agricole, de poêles et d’autres travaux de construction. C’est en réponse à la demande grandissante de collègues agriculteurs qu’ils ont fait le pas vers les travaux en entreprise.  « Nous avons acheté une grue pour tracteur afin de pouvoir aider nos clients. Un bras de 3,3m et une machine qui avait plus de pannes que de bons jours, comme une vraie occasion de l’époque », rit Johan. Mais très vite, la grue fut suivie par quelques Liebherr de seconde main. « Là aussi, nous avons passé plus de temps à réparer les machines qu’à les utiliser ». La première grue sur chenilles était une O&K qui servait à creuser des caves. Au début, il n’y avait pas de budget pour une installation laser. On travaillait donc avec un bon indicateur de niveau. L’achat d’une grue sur chenilles Liebherr d’occasion, en 1991, a provoqué la réaction chez le père Millon qui se posait des questions à propos des choix de Johan. Toutefois, la première grue neuve arrivait peu de temps après, en 1995 !

Le premier grand pas
« J’ai acheté une grue simple, sans options ! » Une Huyndai », explique Johan. « Cela inspirait confiance et donnait plus de travail chez quelques entrepreneurs clients. On recevait donc plus de demandes… » L’achat de cette première grue neuve était également le point où les deux frères se sont chacun concentré sur leur propre passion tout en continuant à travailler vers le même objectif. Wim, le frère de Johan, s’est dirigé vers l’entreprise de travaux agricoles alors que Johan se tournait de plus en plus vers le terrassement. 2 années plus tard suivait une nouvelle grue Huyndai de 20 tonnes. Chaque nouvelle commande provoquait l’achat d’une nouvelle machine, et les nouvelles machines assuraient de nouvelles commandes. « Parfois, on voulait nous confier un travail que nous ne pouvions vraiment pas faire avec les machines à notre disposition. Je me souviens, par exemple, d’un hangar de 4000m2 où il fallait démolir le sol en béton et niveler le tout. Pas de problème pour évacuer le béton, mais niveler 4000m2 à la grue… quel horreur ! Et c’est ainsi que nous nous sommes procuré notre premier niveleur. Dès que cette machine était là, je pouvais accepter des travaux où j’en avais besoin », explique Johan.

L’évolution
Le secteur en croissance de la construction industrielle a fait que de plus en plus de (grands) entrepreneurs venait frapper à la porte de Millon. Millon travaille principalement en sous-traitance. Certaines entreprises qui ont commencé une collaboration avec Johan font encore appel à ses services aujourd’hui. « Nous ne nous occupons pas que du terrassement standard mais offrons souvent une solution pour un problème rencontré par notre client. Cela veut parfois dire que nous dépassons nos services et faisons des choses qui ne sont pas à la base de notre entreprise, mais cela veut aussi dire que le client est satisfait. Et c’est ça qui compte car un client satisfait revient. » « En livrant du bon travail et en offrant des solutions, nous avons développé une vraie relation de confiance avec un nombre de clients. Une confiance qui fait que notre position de sous-traitant est agréable, bien que nous devons faire attention à ne pas trahir cette confiance. C’est un équilibre fragile, mais nous arrivons à le trouver. »

Une propre installation de concassage
 « Afin de pouvoir évoluer en tant qu’entrepreneur dans le terrassement, je pense qu’il faut avoir sa propre installation de concassage. On a acheté le premier site en 2012. Peu de temps après, on reprenait l’entreprise d’un collègue avec sa propre installation de concassage. « Grâce à notre propre installation de concassage, on peut garantir que ce qui arrive chez nous de nos propres travaux ou est déposé par d’autres entrepreneurs sera recyclé selon les règles. Tout le matériel qui arrive chez nous sort avec un certificat COPRO. Nous avons même notre propre laboratoire sur le site afin de pouvoir nous-mêmes effectuer des contrôles de qualité. Sans ce certificat, nous n’aurions que des déchets… » une installation de concassage ne doit pas être grande selon Johan. Un bon flux du matériel est important et des machines qui s’accordent en termes de capacité font qu’une installation de concassage tourne de façon optimale.

Des bons collaborateurs
Les deux entreprises Millon emploient un total d’une cinquantaine de personnes, que ce soit du personnel ou des sous-traitants. La majorité vient du secteur agricole. « Nos entreprises tournent grâce aux spécialistes, des gens travailleurs qui savent assumer leurs responsabilités et travailler de manière indépendante. Chacun a toutefois sont caractère et parfois, il y a des conflits. A ce moment-là, il faut pouvoir admettre le lendemain que l’on a réagit trop durement ou que l’on avait tort en tant que patron ou employés, pour pouvoir passer outre et continuer à collaborer. Le plus ancien employé de Millon est présent depuis plus de 30 ans, donc depuis le début.
Millon peut compter sur ses propres capacités, même pour les entretiens et les réparations. « Nous avons besoin d’un distributeur pour l’achat et le suivi des machines, mais quand il s’agit de l’entretien et des réparations, je préfère compter sur mes propres forces. Une machine tombe toujours en panne au pire moment et il est important de réagir tout de suite. Les mécaniciens connaissent les machines et l’entreprise et peuvent donc réagir plus rapidement qu’un distributeur. L’équipe de mon frère est composé de véritables experts dans leur métier. Je leur fais une confiance aveugle pour la réparation de mes machines. Je ne dis certainement pas que les distributeurs font du travail moins bon, mais personnellement, je préfère confier ce travail à mes collaborateurs », explique Johan.

L’expérience du travail agricole aide dans le travail de terrassement
Lorsqu’un chantier demandait de fraiser de la chaux, Millon a de nouveau investi. Le premier pas était d’installer un réservoir à liant à l’avant du tracteur, complété d’une fraise Stehr à l’arrière. La capacité réduite du réservoir ne s’avérait toutefois pas pratique. Très vite, on est parti à la recherche d’une machine traînée. On a considéré plusieurs machines, mais avec l’expérience du secteur agricole, aucune n’a été estimée adéquate. Le problème était toujours le châssis. « Pour continuer à rouler, il faut des grands pneus profilés de préférence montés sur un essieu à entraînement. Des pneus sans profils commencent très vite à traîner, à empiler du matériau devant le pneu et causent ainsi le basculement de la machine. » C’est ainsi que Millon et Record Trailers ont collaboré afin de créer un épandeur de chaux sur mesure. Il s’agissait d’un châssis à entraînement à grands pneus profilés surmonté d’un réservoir Wirtgen. Même dans les pires conditions, la combinaison continue à rouler.

Le tracteur à fraise a également été modifié. Des déflecteurs placés stratégiquement font en sorte que le vent du ventilateur ne souffle pas vers le bas (et dans la chaux). Le vent souffle vers le haut et, avantage supplémentaire, emporte la chaux superflue. Ainsi, le tracteur reste propre. Autre modification importante : le chenilles sous le tracteur. « Avec les pneus de tracteur, les déflecteurs avaient toujours des dégâts. De plus, un pneu de tracteur traditionnel ne se prête pas forcément à des conditions à forte humidité. Les chenilles sont plus basses que des pneus : les déflecteurs ne sont donc plus endommagées mais surtout, grâce à une pression au sol minimale, elles s’enfoncent beaucoup moins vite dans la boue. L’espace libéré sous les gardes-boue arrière est prise par un réservoir à carburant supplémentaire.

Fidélité de marque
Le premier concasseur à arriver à l’entreprise n’était pas le meilleur choix. C’est en cherchant du remplacement que Johan a trouvé Keestrack. La flexibilité du fabricant a fait que, très vite, on a trouvé une solution. Après le premier concasseur Keestrack, suivait une installation de tamisage. Au final, l’entreprise compte 3 concasseur (2 concasseurs à percussion et 1 cône) et 2 installations de tamisage de la marque. « A mon avis, un concasseur doit disposer de 2 choses : la puissance et le poids. Et mon premier concasseur manquait les deux. Le poids est important afin de pouvoir transmettre la puissance et pour rester en place pendant que le tamis fait son travail. Un poids réduit est un avantage pendant le transport, mais c’est le seul avantage. » Au cours des années, Millon a établi une relation avec les gens de Keestrack.
En termes de grues et de bulldozers, Millon est fidèle à « sa » marque. Depuis l’achat de la première Huyndai en 1995, l’entreprise n’a acheté que des grues et des bulldozers de la marque à l’exception de quelques Caterpillar. Le frère de Johan est distributeur CAT depuis 2016. Bien entendu, Johan a acheté quelques machines de la marque de son frère depuis. Mais il ne laisse pas tomber Huyndai après des années de confiance qui ont fait qu’il y a une excellente relation avec la marque. Pour Johan, la combinaison des deux marques est tout à fait possible au sein de son entreprise.
Pour le transport de machines et de gravats ou de terre, Millon utilise principalement des camions MAN. Nous avons une excellente relation avec notre distributeur, on peut vraiment compter sur lui! »  Chez les camions également, Millon a commencé avec des occasions. Plusieurs marques ont été essayées. En 2000, on achetait les premiers nouveaux camions MAN. Aujourd’hui, la flotte de Millon se compose de 11 camions dont 9 MAN et deux Mercedes.
Groep Millon dispose d’une quizaine de tracteurs de la marque Deutz-Fahr, Wim Millon étant également distributeur de cette marque.
Pour le traitement d’arbres, de buissons et d’autres déchets verts aux chantiers, Millon dispose d’un broyeur Vermeer ainsi que d’un chipper Greentec Ufkes.
Pas encore question d’arrêter pour Johan. Groep Millon se compose, d’un côté, d’une branche agricole avec le titre de distributeur des tracteurs Deutz-Fahr, mais également de marques comme Steeno, Joskin, Caterpillar; d’un point de service pour les arracheuses de pommes de terre AVR et une branche entreprise de travaux agricoles. De l’autre côté, il y a la branche travaux de terrassement. Une nouvelle génération se prépare déjà à reprendre le groupe Millon.

Profil d’entreprise

Johan Millon BVBA (Veltem-Beisem)

L’entreprise de travaux de terrassement de Johan Millon trouve ses origines dans l’entreprise de travaux agricoles démarrée par Johan et son frère. Situé à Veltem-Beisem, le territoire d’activités de Millon s’étend sur une grande partie du Brabant (Wallon et Flamand), du Hainaut et de Namur. Environ 50 personnes travaillent à l’entreprise. La majorité des travaux est effectuée en sous-traitance. Millon utilise surtout des camion MAN, des bulldozers et grues Hyundai et Caterpillar et des concasseurs et tamis Keestrack. La flotte est également équipée pour effectuer des travaux divers dans la démolition et le terrassement.